Genève/Kyiv, 16 octobre 2026 – Des Ukrainiens rentrés chez eux après avoir fui la guerre risquent d'être à nouveau déplacés cet hiver, en raison des logements endommagés, des attaques répétées contre les infrastructures énergétiques et du coût du chauffage devenu inaccessible, qui laissent les familles sans guère d'autres solutions. « Pour des millions d'Ukrainiens, le défi n'est plus simplement de savoir s'ils peuvent rentrer chez eux. Il s'agit désormais de savoir s'ils peuvent y vivre en sécurité et dans la dignité, et en ce moment, les conditions rendent cela très difficile », a déclaré Arthur Erken, Directeur régional de l'OIM pour l'Europe et l'Asie centrale. Selon les dernières données de l'OIM, les intentions de repartir sont les plus élevées parmi les personnes retournées ayant regagné leur foyer au cours des trois mois précédents. Plus de quatre ans après le début de la guerre à grande échelle, les familles et les communautés ont largement épuisé leur capacité à absorber de nouveaux chocs. Les attaques répétées contre les infrastructures énergétiques ont fragilisé les services essentiels, tandis que les logements endommagés et les revenus limités rendent le redressement de plus en plus difficile. Les besoins en matière de logement et d'abri demeurent considérables. On estime que 1,45 million de personnes retournées vivent désormais dans des districts de première ligne, dont 565 000 dans la seule région de Kharkiv. Dans les zones rurales de première ligne, trois personnes retournées sur quatre ont besoin de matériaux pour réparer les murs endommagés, tandis que près de deux sur trois ont besoin de matériaux de toiture et d'isolation. Même là où le chauffage est disponible, de nombreuses familles n'ont pas les moyens de le payer. Au cours de la dernière saison froide, seuls 32 % des ménages ont déclaré être en mesure de chauffer leur logement de manière adéquate, un chiffre qui tombe à seulement un ménage sur quatre dans les zones de première ligne. Près de